mission : conseil et assistance à la maîtrise d’ouvrage
Jacques Vieille, Bacs à plantation, 2006
Boulevard du Jeu de Paume, Montpellier
Programme
La Ville de Montpellier a prévu dans le programme du réaménagement des boulevards du Jeu de Paume et Ledru Rollin de faire réaliser une œuvre d’art en proposant, comme support de celle-ci, l’ensemble des trente et un bacs à plantation disposés, tous les 12 à 15 mètres, le long du trottoir coté centre historique.
artistes consultés : Dominique Bailly, Étienne Bossut, Bruno Peinado et Jacques Vieille
Descriptif du projet de Jacques Vieille (texte du concours)
[…]Pour la réalisation des 31 bacs à plantation pour le boulevard du Jeu de Paume à Montpellier, je me suis inspiré des formes des années 1950 et plus particulièrement de Mathieu Matégot et Jean Royère. Plus généralement, le design des annéees 1950 nourrit discrètement mon travail depuis de nombreuses années.
Pour Montpellier, je propose un nouveau type de bac à plantation qui intégre les contraintes techniques inhérentes à l’espace public et à une manipulation par des services techniques, tout en proposant un concept original.
J’ai travaillé les formes et ai choisi d’en combiner trois différentes :
- une forme pliée et perforée,
- une forme gondolée,
- une forme festonnée arrondie.
Chacune de ces formes a 3 nuances de couleur (choisies dans la gamme Ral et avec un antigraffiti), dans des tons dégradés ; la combinaison libre des 3 éléments crée une suite décorative variée. Les bacs à plantation sont réalisés en tôle galvanisée. […]
Entretien avec Jacques Vieille, paru dans le journal "Montpellier, notre ville", décembre 2006, n° 308
« Un clin d’œil au design »
Qu’est-ce qui vous a poussé à répondre à ce concours ?
La demande était à mi-chemin entre la sculpture et le design, deux domaines qui sont au cœur de mon travail. La proposition que j’ai faite renvoie à l’histoire du design contemporain, puisqu’elle comprend des citations à peine voilées de Mathieu Matégot et Jean Royère, deux décorateurs français des années 1950. Tous deux ont beaucoup travaillé le métal, la taule perforée. Matégot a notamment produit du mobilier et des petits objets usuels, comme des cache-pots. Ce sont des références très importantes pour moi. Et cela rejoint, dans la forme, des préoccupations qui étaient déjà les miennes dans des pièces beaucoup plus anciennes. Les surfaces plissées ou trouées sont présentes dans mon travail depuis toujours.
J’ai voulu me frotter à nouveau à cette dimension utilitaire, cette valeur d’usage.
Pourquoi ça ?
Les pots sont à la fois des bacs et des objets artistiques. C’est ce croisement qui est intéressant. Une partie de mon travail concerne des commandes publiques. Cet "art public" s’adresse comme son nom l’indique au grand public, à des gens qui n’ont pas forcément des connaissances particulières en art contemporain. Un des biais par lequel ont peut toucher les gens, c’est le fait qu’ils puissent se servir de ces œuvres et se les approprier.
Quelles ont été les principales difficultés ?
La première contrainte était de pouvoir planter un arbre. Il fallait donc que les pots puissent contenir près d’un mètre cube de terre. J’ai donc proposé de fabriquer ces gros objets en taule d’acier galvanisée. La peinture utilisée devait être très résistante, c’est donc une peinture au four. Les pots ont enfin subi un traitement anti-graffiti. La solidité, le nettoyage sont des contraintes qu’on n’aborde en général pas du tout dans un travail artistique.
C’est donc le même pot qui est décliné 31 fois…
En effet, il s’agit d’une série modulée par des changements de couleur. Chacun des pots est constitué de trois éléments assemblés : un pot intérieur, une enveloppe extérieure qui est plissée et trouée et une collerette qui vient coiffer l’ensemble au sommet. Et chaque élément a une couleur différente. Les éléments ont été fabriqués à la chaîne, mais c’est de l’artisanat, pas de l’industrie lourde ! Les éléments ont été vissés au moment de leur mise en place sur les boulevards. Une partie amovible, placée à l’intérieur, permettra de changer la plantation tous les six mois.
Quelle image avez-vous de la ville de Montpellier ?
Je connais bien la ville car je suis intervenu à plusieurs reprises à l’école des Beaux-arts en tant qu’artiste invité. Et également par ce programme d’œuvres qui accompagnent le tramway, qui est bien connu partout en France et constitue un travail de qualité. Oui, vu de l’extérieur, Montpellier a incontestablement cette image de ville tournée vers l’art contemporain.
inauguration : 6 décembre 2006
Mission Grand Cœur
17 boulevard du Jeu de Paume
34000 Montpellier
www.montpellier.fr
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Maître d'ouvrage : Ville de Montpellier, Mission Grand Cœur
Artiste : Jacques Vieille, assisté de Philippe Grand métallier
Assistance à maîtrise d'ouvrage : Bureau des projets/Marianne Homiridis
Jacques Vieille, Bacs à plantation, 2006, boulevard du Jeu de Paume, Montpellier
photo : Marianne Homiridis
dessin : Jacques Vielle
projet 5
projet 5 - 2006
mission : conseil et assistance à la maîtrise d’ouvrage
>>> album
mémoire de la fabrication et de l’installation de l’œuvre